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Guide pratique · mobilités d’achats

Mobilités d’achats : rapprocher commerces et clients

Les mobilités d’achats varient fortement selon les territoires. Chiffres du Cerema et actions concrètes pour les commerces et collectivités.

Par Loïc Roy · Conseiller Commerce, Services & Numérique · Mis à jour le 3 septembre 2026

Les mobilités d’achats dépendent du type de commerce et du territoire. Selon le Cerema, les petits et moyens commerces génèrent davantage de déplacements à pied, tandis que la distance et l’usage de la voiture augmentent lorsqu’on s’éloigne des centres urbains.

Un commerce peut proposer la bonne offre et rester difficile d’accès. Pour un client, quelques kilomètres supplémentaires, un stationnement incertain ou un trajet impossible à pied suffisent parfois à déplacer l’achat ailleurs.

Les enquêtes EMC² analysées par le Cerema montrent que la manière d’acheter dépend fortement du territoire et du type de commerce. Ces données permettent aux commerçants et aux collectivités de poser de meilleures questions : qui vient, comment, à quelle distance et avec quelles contraintes ?

Les achats pèsent lourd dans les déplacements

Le samedi concentre l’attention commerciale, mais la semaine reste déterminante. Même chez les actifs, 63 % des déplacements d’achats ont lieu du lundi au vendredi. Horaires, disponibilité de l’équipe et communication locale doivent donc être pensés sur plusieurs moments, pas seulement sur le week-end.

Conseil PME

Rapprochez vos ventes de vos créneaux d’ouverture et de vos données de fréquentation. Vous verrez si vos horaires correspondent vraiment aux habitudes du bassin de vie.

Le petit commerce reste une destination majeure

Cette fréquentation ne garantit pas automatiquement le chiffre d’affaires. Elle indique toutefois que la proximité répond à des usages réels : achat courant, besoin rapide, relation de confiance ou combinaison avec d’autres activités du centre.

Un commerce peut renforcer cet avantage en affichant clairement ses horaires, son stock utile, les modalités de commande et de retrait, puis en travaillant avec ses voisins pour créer un parcours cohérent.

La marche révèle la valeur de la proximité

La qualité des derniers mètres compte donc beaucoup : traversée, trottoir, éclairage, signalétique, stationnement vélo, visibilité de la vitrine. Ce sont souvent de petits aménagements, mais ils déterminent si le client termine son trajet confortablement.

Cas d’usage terrain

Partez à pied depuis les trois principaux points d’arrivée de vos clients. Notez les obstacles, le temps réel, les endroits où l’enseigne disparaît et les informations qui manquent.

En zone rurale, la distance change la décision

Dans un bassin rural, la voiture reste souvent indispensable. L’enjeu consiste alors à réduire l’effort global : information fiable avant le départ, réservation, commande anticipée, retrait rapide, mutualisation de livraison ou complémentarité entre commerces.

Les points-relais ne représentent que 2 % des déplacements d’achats mesurés, mais leur distance moyenne atteint 6,8 km, et 9,8 km pour les habitants d’un bourg rural. Leur implantation doit être évaluée à l’échelle du trajet complet, pas uniquement du local disponible.

Transformer les données en décisions locales

  1. Cartographier l’origine approximative des clients, dans le respect du RGPD.
  2. Mesurer les plages de fréquentation par jour et par heure.
  3. Tester les parcours à pied, à vélo et en voiture.
  4. Identifier un obstacle prioritaire pouvant être corrigé rapidement.
  5. Suivre l’effet de l’action sur la fréquentation et les ventes.

Commencez avec vingt entretiens clients et une observation d’une semaine. Ce diagnostic modeste suffit souvent à distinguer une intuition d’un véritable frein d’accès.

Sources

À propos de l’auteur

Loïc Roy, conseiller Commerce, Services et Numérique à la CCI Finistère et référent cybersécurité TPE-PME. Ce site est une publication personnelle.

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